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lundi 13 octobre 2008

Guillaume Depardieu s'est éclipsé très tôt, ce lundi matin 13 octobre 2008... demain matin ne sera pas un des plus beaux matins du monde !

Je l'avais découvert en Marin Marais bien arriviste, dans le film d'Alain Corneau, vu sitôt sorti en salle car j'avais adoré le roman, vrai bijou, « Tous les matins du monde » dont il était adapté, écrit en toute discrétion par cet écrivain subtil et remarquable, Pascal Quignard.

« Tous les matins du monde », un roman que le jury du Prix Goncourt a dédaigné lors de sa publication comme il avait boudé en 1986 son étourdissant roman « Le Salon du Wurtemberg » et feint d'ignorer en 1989 la parution du merveilleux roman « Les Escaliers de Chambord »... Le pire fut quand j'appris, en 1991, que les professionnels du cinéma attribuèrent à l'adaptation de « Tous les matins du monde » le Prix Louis-Delluc, communément appelé le Goncourt du cinéma. Piètre prix de consolation pour l'écrivain et honte au microcosme littéraire germanopratin !


L'année suivante, le film était récompensé de sept statuettes de César, chacune largement méritée. En 2002, piteusement, il sera enfin concédé ce Prix Goncourt à Pascal Quignard...




mais il nous fallut entendre les cris d'orfraie de certains membres de l'académie qui avaient protesté. Contentement passe richesse ?


Le film quant à lui, fut un époustouflant moment de bonheur... la photographie y était ahurissante de beauté. Et la lenteur hypnotique des scènes, de la musique magnifiquement interprétée par Jordi Saval sur une viole de gambe, m'ont littéralement scotché à mon fauteuil. Carole Richert était espiègle, Anne Brochet d'une incroyable présence devenant évanescente, Jean-Pierre Marielle carrément sublime et le père Depardieu, très justement arrogant tout autant que justement assez bouffi et fat dans son rôle de composition du musicien vieillissant torturé par ses remords. Guillaume, jeune premier que j'ignorais être le vrai fils dans la vrai vie de ce Marin Marais vieilli, torturé par le remords, tel un ange noir, suscita l'empathie des spectateurs. Et je n'eus de cesse durant quelques semaines de rameuter la foule des amis devant le grand écran, les ayant précédemment  harcelés sans vergogne jusqu'à ce qu'ils acceptent de lire ce roman superbe dans sa brièveté, dans sa concision. Un pur chef d'œuvre ! Par prosélytisme forcené, je crois me souvenir l'avoir acheté à plusieurs reprises pour l'offrir à ceux qui hésitaient encore à se laisser convaincre...
Sur l'écran, j'ai vu naître, se mouvoir, parler, dépérir, s'éteindre... les personnages que j'avais imaginés avec une criante humanité, magnifiés par un mysticisme étrange qui me bouleversait. Et quant à la musique baroque, elle me fut révélée dans toute sa subtile ampleur.
Guillaume, presque encore adolescent, emplissait l'écran à chacune de ses répliques, totalement en harmonie dans son jeu d'acteur, montrant une facilité déconcertante qui me tira des larmes, devant un Sainte-Colombe quasi divin, un Jean-Pierre Marielle habité par la grâce. Guillaume résonnait à l'unisson de la musique, tel un diapason...
Vous l'aurez compris, ce film est pour moi autant précieux qu'est indispensable la possession du roman dans ma bibliothèque... j'ai déposé dans mon panthéon artistique personnel le roman et la cassette VHS, que j'offris à une amie peu après après en avoir acquis le DVD.
Je fus par la suite quasiment rendu obsessionnel à suivre le parcours d'Anne Brochet, à la raphaélique beauté, et celui de ce Guillaume ahurissant que j'avais alors deviné être destiné à une gloire certaine mais en aucun cas, je ne lui avais prêté un destin d'Icare. Comme tant d'autres, je fus écorché devant la litanie de ce qui me sembla être de stupides frasques et des excentricités excessives, ignorant tout de sa souffrance, de son périlleux chemin de vie... je devinai plus tard, au détour de bribes scabreuses livrées en pâture par la presse scandalisée et la presse à scandales, que l'acteur bravache et l'homme fougueux devait cacher une âme torturée, que les propos incohérents entendus à la télévision devaient être ceux d'un artiste génial criant une faim sans fin d'un amour paternel trop chichement offert ou trop maladroitement tu. Et au fil des années, au fil de sa jeunesse qui s'érodait, j'osais croire pour lui en une rédemption, en un droit reconquis de vivre enfin heureux, reposé, en paix recouvrée.
Je n'avais pas imaginé un seul instant que le plus beau des tombeaux est le coeur des amis comme l'a dit Sénèque et tel que le rappelle Pascal Quignard...
Trop tôt, je suis contraint d'accueillir Guillaume Depardieu dans le mien, pour le reste de mes jours à vivre. Séchons nos larmes... à trop ourler sa conscience devant l'immanence, on court le risque de découdre sa raison...
Et tous les matins du monde... sont sans retour.








  • Voici un extrait du long entretien du 26 mars 2010 accordé par Alain Corneau à Geneviève Winter et Caroline Dinet, sur la relation entre le cinéma et la littérature... et publié dans « Tous les matins du monde - Pascal Quignard / Alain Corneau », collection « Connaissance d'une œuvre », Bréal.


G. Winter et C. Dinet. – Comment adapte-t-on un roman ? 

A. Corneau. – On croit souvent - y compris les critiques - que l'adaptation d'un roman au cinéma consiste seulement à en transposer l'histoire. C'est plus que réducteur! Le plus important consiste à répondre par des choix de metteur en scène à des questions passionnantes: pourquoi le roman fonctionne-t-il? Comment faire pour que ce soit également le cas dans le film? Le défi est avant tout formel, ce qui explique que je n'adapte pas tous les romans de la même manière. Pour « Tous les matins du monde », il a fallu travailler sur la représentation de la musique au cinéma. C'est une question très difficile qui suppose une grande modestie: il faut éviter de la représenter de façon picturale ou illustrative avec des plans rapides quand la musique va vite et inversement. J'ai donc fait le choix, qui n'a pas été facile à tenir, de plans fixes.

G. Winter & C. Dinet. – Comment travaille-t-on avec des écrivains, Pascal Quignard, notamment ? 

A. Corneau. J'ai eu la chance de collaborer avec de grands écrivains selon des modalités différentes: Daniel Boulanger, homme de lettres polyvalent, déjà scénariste, a abordé le vrai polar avec moi. Ma rencontre avec Georges Perec, à l'époque où il était totalement méconnu comme écrivain et vivait de mots croisés, a été exceptionnelle: sa culture et sa capacité de création verbale prodigieuses le prédisposaient au cinéma. Sa disparition précoce nous a privés de belles réalisations. À l'opposé, l'univers d'Antonio Tabucchi reste littéraire: il m'a autorisé à adapter « Nocturne indien » mais n'a pas participé au scénario dont il a accepté seulement de relire les étapes.
L'aventure de « Tous les matins du monde » est unique: j'avais déjà discuté de mon projet sur la musique avec de nombreux écrivains ou scénaristes, sans succès. Grâce à un autre écrivain scénariste, mon ami Louis Gardel, j'ai alors rencontré Quignard. Il m'a d'emblée suggéré de délaisser la lumière de Versailles pour me tourner vers l'obscurité, les jansénistes, les rebelles, les oubliés, en somme. Le contraste entre le musicien Marin Marais et son maître, l'austère Sainte Colombe, s'impose alors très vite. Le sujet intéresse tant Pascal qu'il décide d'en faire un roman - il dit ne pas savoir écrire un scénario. Séduit moi-même par cette histoire de relation entre un maître et son élève, je crains que le projet n'aille pas plus loin. Quelques semaines plus tard, Pascal Quignard m'envoie pourtant son texte et me laisse libre d'en faire l'adaptation. [...]

G. Winter et C. Dinet. – Comment s'est construit le scénario ? 

A. Corneau. - Très vite, j'ai l'idée d'ouvrir le film sur Marin Marais vieillissant racontant sa vie passée. Non seulement cette narration en flash-back donne au film sa cohérence narrative mais l'ajout de cette scène initiale permet d'introduire le récit à la première personne. Elle justifie la seule voix off possible, celle de Marin Marais: c'est une voix « d'époque », non « maquillée ». Dans ce prologue où les phrases s'enchaînent, le visage de Gérard Depardieu, est filmé en gros plan, instaurant un doute dans l'esprit du spectateur: et si cette histoire relevait de la pure imagination de Marin Marais? Sans cette distance créée par le « je » fictionnel, j'aurais eu peur que la langue du roman n'apparaisse ampoulée et risible... [...]

G. Winter et C. Dinet. – Au-delà du duo maître-élève, il y a souvent, dans vos films, une relation père-fils qui se profile. Comment l'expliquez-vous ?

A. Corneau. - Parce que c'est pareil ! Sur le plan thématique, j'entends. Pas dans la vie, évidemment. Plusieurs de mes films mettent en scène cette filiation: dans « Fort Saganne », d'abord, bien que le père ne soit pas le vrai père; dans « Stupeur et Tremblements », ensuite, dans la mesure où la méchante Japonaise ouvre son propre destin à l'héroïne sous l'aspect d'une dominatrice; et aussi dans mon dernier film, qui sortira le 18 août 2010, « Crime d'amour », où, pour la première fois, cette relation quasi filiale dans laquelle la femme la plus âgée manipule la plus jeune tourne mal. C'est un thème récurrent - au même titre que la conquête d'une identité personnelle, très présente dans mes films - dont je ne prends conscience qu'après coup. [...]

G. Winter et C. Dinet. – « Tous les matins du monde » aura vingt ans en 2011. C'est devenu un classique. C'est aussi un de vos films préférés. Pourquoi ? 

A. Corneau. – À cause de la musique que je voulais mettre au cœur d'un film depuis longtemps. Et puis également parce que cette envie très personnelle s'est muée en œuvre collective avec Jordi Savall et Pascal Quignard sans qui il n'y aurait pas eu de film.




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Si le temps est à l'orage, emparez-vous d'un recueil de nouvelles joyeuses, vous pourrez toujours entendre les récriminations de votre compagnon ou de votre compagne qui s'époumone dans la pièce voisine sinon votre descendance qui s'étripe à l'étage.
Si la pluie mouille le jardin, lisez des bandes dessinées, des recettes de cuisine ou des magazines automobiles afin de moins vous mortifier...
Si une éclaircie pointe à l'horizon, saisissez le bouquin abandonné l'avant-veille pour vous installer confortablement devant la vitre du salon.
Si le soleil perce au travers des nuages, prenez un des titres que je vous recommande et jetez dans les cendres de la cheminée une mèche de vos cheveux pour conjurer le mauvais sort... mais de grâce, lisez, lisez encore, lisez toujours.

Il n'y a pas que le sexe ou le travail dans la vie, pas plus qu'il n'y aurait que des bons ou des méchants autour de vous...

Vous lisez ? Un peu, beaucoup...

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Playing for Change : un succès planétaire !

Playing for Change est un projet musical multimédia qui met en scène des musiciens des quatre coins du monde pour diffuser un message de paix. En mars 2005, Mark Johnson, ingénieur du son et réalisateur, filme le guitariste et chanteur Roger Ridley dans les rues de Los Angeles, interprétant Stand by me. Il décide alors d'ajouter à cette même chanson d'autres musiciens dont Grandpa Elliot à la Nouvelle-Orleans avec sa voix chaude, en superposant leur interprétation à celle de Roger Ridley.

Il part alors avec son équipe à Barcelone, où il enregistre notamment Clarence Bekker sur Stand by me avant de partir pour l'Afrique du Sud, l'Inde, le Népal, le Proche Orient afin d'enrichir Stand by me et d'autres chansons créées sur ce même concept. La vidéo officielle de Stand By Me compte aujourd'hui plus de 39 millions de visites sur Youtube et Dailymotion (actualisé en 2012).

Stand by Me (Reste près de moi) est une chanson interprétée par Ben E. King alias Benjamin Earl Nelson (1938-2015), composée et écrite en 1961 par lui-même avec Jerry Leiber (1933-2011) et Mike Stoller (1933- ..).

La Fondation Playing for Change est une organisation à but non lucratif destinée au développement d'écoles de musiques à travers le monde. En 2008, une première école de musique est créée par la Fondation à Guglethu, (Ntonga Music School), dans la banlieue de Cape Town, en Afrique du Sud. En 2010 deux écoles de musiques construites et ouvertes: L'École de Musique et de Dance Bizung, à Tamalé (Ghana), L'École de Musique de Kirina (Mali). La Fondation Playing for Change développe des programmes éducatifs au Népal à Tintale (Katmandu) et au Rwanda (Intore Cultural Center) en collaboration avec d'autres organisations.
La formation musicale " The Playing For Change Band " sera en tournée à travers le monde dès février 2012. On y retrouvera Mohammed Alidu (percussions - Nord du Ghana), Clarence Bekker (voix - Pays-Bas/Surinam), Grandpas Elliot (voix/harmonica - Nouvelle-Orléans), Mermans Kenkosenki (voix/percussions - République Démocratique du Congo), Jason Tamba (guitariste - Kinshasa, capitale de la République Démocratique du Congo) et Titi Tsira (voix - Gugulethu, township du Cap-Occidental, Afrique du Sud).

D'autres chansons sont rassemblées sur un cd/dvd produit en collaboration avec Concord Records, sorti en avril 2009 aux États-Unis. En 2010, un deuxième album sort, Playing for Change Live, qui réunit des artistes du monde entier sur scène. En 2011, un troisième album sort, "PFC 2: Songs Around The World".

Le documentaire "Playing for change : Peace trough music", (83 min) réalisé par Mark Johnson et Jonathan Walls est un voyage musical sur quatre continents qui relate la réalisation de ces chansons autour du monde, nous mène à la rencontre de musiciens de divers horizons, évoquant la réalité dans laquelle ils vivent et contemplant le pouvoir de la musique en tant que vecteur universel de paix. Le film est d'abord présenté en 2008 dans une version inachevée au Festival du Film de TriBeCa, à New York, avant d'être diffusé dans une version courte (57min), en été 2009 sur le "Public Broadcasting Service" (PBS) - réseau de télévision public à but non lucratif avec 354 stations de télévision membres aux États-Unis qui le détiennent en propriété collective. La version finale (83 min) est sortie aux États-Unis en octobre 2009 aux États-Unis en DVD en septembre 2009.


Pour vous, selon les circonstances, écrire correspond à...



. une vraie corvée qui vous pourrit la vie ? Vive le dictaphone, le téléphone sans fil et votre webcam...


. une étape obligatoire dont vous vous accommodez pour rédiger un rapport, demander une augmentation de salaire, vous plaindre d'un commerçant malhonnête ou dénoncer un voisin trop bruyant ?


. une activité archaïque, de la nostalgie au charme suranné qui vous ramène au temps de votre enfance, à l'époque des pleins et des déliés, du porte-plume, des plumes Sergent-Major et du bonnet d'âne ?


. un simple plaisir qui vous rend heureux, en maniant le verbe et la langue, afin de faire de belles phrases pour offrir de beaux voyages imaginaires à vos correspondants coincés dans la routine du quotidien ?


. une véritable drogue, vous êtes graphomane ? Pas un jour, pas une heure sans une ligne dans votre journal, sur l'écran d'un de vos ordinateurs, sur une feuille blanche, sur une page de carnet, dans la marge du journal parcouru en buvant votre café noir.


. une religion païenne ? Tous les jours, vous remerciez le ciel d'avoir permis aux sumériens des temps Anciens de vous léguer une si belle invention.

... dîtes-moi donc à quoi correspond, pour vous, le temps passé à écrire ?

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