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mardi 19 juin 2012

Marcel Bozzuffi connut une belle carrière d'acteur, de splendides seconds rôle dans le cinéma français mais il aurait pu connaître un premier rôle en littérature car son talent de conteur est réellement bien singulier...

Françoise Fabian à la librairie Castéla


Marcel  Bozzuffi... Forfana ! *


* Article publié le samedi 24 février 1990 dans le quotidien régional « Le Journal de Toulouse ».



Françoise Fabian : rappelle-toi "Bozzu"
Françoise Fabian était de passage à Toulouse, mercredi dernier afin de présenter « Forfana », le livre publié chez Alinéa, sorti en librairie le 12 janvier dernier, un recueil de trois récits. Son auteur ? Celui dont elle fut la femme. Elle a évoqué son enfance algérienne, son père instituteur, avec des admirateurs venus la rencontrer et à travers elle, rencontrer celui que ses amis appelaient « Bozzu ».


Marcel Bozzuffi ! Bizarre, sans jamais avoir été au rang des stars, l'acteur m'apparaît comme une figure mythique du cinéma français tant son visage est vivant dans ma mémoire. Simplicité cordiale, il est là, tout près... Peut-être n'a-t-il jamais voulu de cet habit de lumière ?
Dans l'intimité, il racontait des histoires avec des airs de père tranquille. Françoise Fabian, dans la préface qu'elle signe, décrit la scène... L'anecdote ressemble à une mise en scène à la Renoir. Devant la fugacité de ces instants, elle persuade le mari volubile de se muer en homme de plume. Il se range au désir de la Raison.

Forfana
« Mon oncle Alfred était sûrement l'un des meilleurs toupilleurs de Paris », écrit Bozzu. Alfred, artiste ébéniste, est un homme amoureux fou de son métier. Amoureux comme tous les ouvriers du bois, immigrés italiens qui travaillent, transpirent, s'échinent à la tâche dans tous ces petits ateliers qui pullulent dans ce cœur du meuble français.
Après la victoire d'Ottavio Bottechia dans le Tour de France d'avant-guerre, il était en ces temps là un dénommé Marcello Bertone, un italien dont la volaille avait fait la fortune. Il était aussi son frère Antoine, cafetier de la Place Aligre, dans ce quartier, à cheval sur la rue du faubourg Saint-Antoine, planté d'arbres et qui ressemble à un village provincial. Ces deux là, joueurs invétérés, amoureux des trotteurs de Vincennes, amoureux de Talisman - le crack que Marcello venait d'acquérir - aperçoivent ce matin-là Guiseppe Forfana, un homme de peine, un piémontais de Caprice, un sac de farine sur les épaules. Incroyable pari : défier le pauvre hère de charrier sur son dos, un sac de cent kilos depuis la Bastille jusqu’à Nation. Une pièce d'or, un Napoléon sera l'enjeu de ce pari misérable.
Forfana effectuera ce parcours comme un clavaire. Derrière lui pour le soutenir, l'encourager... tout ce peuple d'italiens en exil qui, durant quelques heures chômées, verront en lui leur champion. Il sera l'esprit de la revanche, l'esprit de l'honneur recouvré en effaçant les amertumes rentrées. Horace des années Trente, un vainqueur !
Bozzu nous offre là un conte moderne d'une facture superbe, époustouflant par l'émotion qu'il suscite chez son lecteur écartelé. Chaque mot vient pile comme le morceau d'un puzzle. Une merveille de réalisme qui prendra la couleur – pour le lecteur plus attentif – d'une fable populaire dont la morale est teintée d'espérance.

Le vélodrome

Bozu a dix ans. Il a un pote, Olivier Bélier dit Olive, dit Popeye. Tous deux sont nés sur le même palier de la même maison. Même enfance, mêmes rêves, mêmes copains, il sont complices... Même amour pour la petite reine, pour les « vainqueurs, couverts de boue, méconnaissables, au regard de hibou, semblables à ces chauffeurs de locomotive, lunettes sur le front, photographiés à l'arrivée des grandes lignes » (sic).
Un jour, ils volent deux vélos. Or, la Préfecture a ordonné leur réquisition... La colère du père Bozzuffi clate. Injonction est faite aux deux larrons de conduire ces « véhicules » au Vélodrome... là-même où les bicyclettes, les tricycles, les triporteurs, les tandems et tant d'autres carcasses empilées par la grue sont comme une montagne de ferraille.
Le vélodrome est désert en ce début d'après-midi. Une envie oppressante tenaille les deux gamins : disputer, pour la gloire, un Grand Prix de vitesse. Soudain, ils enfourchent deux bécanes...

Rue Cimarosa, s'il vous plaît

Où... lorsqu'on est acteur, alors qu'un film de Granier-Deferre dont vous êtes le héros est passé, la veille, à la télévision, il est étrange de rencontrer un chauffeur de taxi insomniaque, marié à une dormeuse, qui, pour gommer sa vie terne, s'identifie pleinement aux héros de cinéma...
Avec un sens aigu de la chute, Marcel Bozzuffi était un authentique conteur – pour preuve, chaque fin de chapitre... Merveilleux ! Car trop rare en notre époque où tout un chacun ne sait qu'entendre sans plus savoir écouter. Mieux encore ! Il était un écrivain rare. Il savait de façon innée, camper un personnage pour nous le rendre attachant, drôle ou émouvant. Ces trois récits sont comme des travaux d'orfèvrerie, singulièrement peaufinés, riches d'un immense pouvoir d'évocation. Bozzu devait être sacrément sensible pour percer à jour, avec une telle acuité, les gens qu'il croisait, pour les faire revivre avec tant de vigueur. Il décrivit un Paris, en noir et blanc, à la Doisneau. Un régal pour les gourmets ! Il en arriva à vous rendre – ce fut mon cas – nostalgique d'un passé que vous n'aviez pas connu. N'est-ce pas cela l'art d'écrire ou plus précisément le don ?
J'en viens à maudire le destin qui m'oblige à parler de lui au temps du passé alors qu'il m'aurait plu d'user du présent voire du futur de l'indicatif, pour un autre texte. Comme un chaînon manquant entre une littérature d'hier et celle de demain...
Merci Bozzu pour cette petite heure sublime de lecture ! Patrick Besset.














« Forfana - Récits » par Marcel Bozzufi chez Alinéa, à Aix-en-Provence, 140 pages - ISBN : 9782904631917 - 74 francs.

Né le 28 octobre 1929, à Rennes, Marcel Bozzuffi est décédé à Paris le 1er février 1988, à l'âge de cinquante-huit ans, des suites d'une hémorragie cérébrale et repose au cimetière du Montparnasse.. 








Dernière heure

•     Établies à Aix-en-Provence tout d'abord au 5 de la rue du Félibre Gaut puis au 22, rue Victor-Leydet et dirigées par Diane et Jacques Kolnikoff, les éditions Alinea ont aujourd'hui cessé leurs activités. Dès 1985, elles avaient contribué à faire découvrir au public francophone l’œuvre de Christa Wolf, l'écrivain la plus célèbre de l'ex-République démocratique allemande et en 1986, la première traduction par Jeanne Stern de « Transit », avec une aide de l'Office Régional de la Culture PACA... roman d'Anna Seghers évoquant le monde des parisiens et des provinciaux de la France entière réfugiés à Marseille, en attente des moyens d'une fuite durant les premières années du deuxième conflit mondial.
Il sera facile à tout lecteur pugnace de trouver sur la Toile le bouquin de Marcel Bozzuffi car... à cœur vaillant, rien d'impossible !



•     À Toulouse, la librairie Castéla, fondée en 1917 par une nordiste, Ida Castéla, véritable monument patrimonial local sera vendu aux époux Fantini-Bezagu en 1966, puis à la famille Blanc en 1981. C'est à Georges Blanc, 60 ans, qu'il échoit de mettre la clef sous la porte et de licencier ses vingt-huit collaborateurs pour cause de loyer devenu extravagant, quadruplé tout à trac en 2012, passant à 800 000 euros annuels. La Librairie Castéla a donc fermé ses portes le 17 février 2012, après quatre-vingt quinze années d’une présence incontournable…



•    Françoise Fabian est discrètement à l’affiche du très beau film  : « Le prénom » d’Alexandre de La Patellière et de Matthieu Delaporte adapté de la pièce de théâtre éponyme et très prochainement du premier long-métrage « Post-partum » de Delphine Noels, œuvre très attendue de la réalisatrice belge surdouée, née en 1973. 


 



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Bulletin météorologique du jour et des suivants car un écrivain averti en vaudrait deux !




Si le temps est à l'orage, emparez-vous d'un recueil de nouvelles joyeuses, vous pourrez toujours entendre les récriminations de votre compagnon ou de votre compagne qui s'époumone dans la pièce voisine sinon votre descendance qui s'étripe à l'étage.
Si la pluie mouille le jardin, lisez des bandes dessinées, des recettes de cuisine ou des magazines automobiles afin de moins vous mortifier...
Si une éclaircie pointe à l'horizon, saisissez le bouquin abandonné l'avant-veille pour vous installer confortablement devant la vitre du salon.
Si le soleil perce au travers des nuages, prenez un des titres que je vous recommande et jetez dans les cendres de la cheminée une mèche de vos cheveux pour conjurer le mauvais sort... mais de grâce, lisez, lisez encore, lisez toujours.

Il n'y a pas que le sexe ou le travail dans la vie, pas plus qu'il n'y aurait que des bons ou des méchants autour de vous...

Vous lisez ? Un peu, beaucoup...

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Playing for Change : un succès planétaire !

Playing for Change est un projet musical multimédia qui met en scène des musiciens des quatre coins du monde pour diffuser un message de paix. En mars 2005, Mark Johnson, ingénieur du son et réalisateur, filme le guitariste et chanteur Roger Ridley dans les rues de Los Angeles, interprétant Stand by me. Il décide alors d'ajouter à cette même chanson d'autres musiciens dont Grandpa Elliot à la Nouvelle-Orleans avec sa voix chaude, en superposant leur interprétation à celle de Roger Ridley.

Il part alors avec son équipe à Barcelone, où il enregistre notamment Clarence Bekker sur Stand by me avant de partir pour l'Afrique du Sud, l'Inde, le Népal, le Proche Orient afin d'enrichir Stand by me et d'autres chansons créées sur ce même concept. La vidéo officielle de Stand By Me compte aujourd'hui plus de 39 millions de visites sur Youtube et Dailymotion (actualisé en 2012).

Stand by Me (Reste près de moi) est une chanson interprétée par Ben E. King alias Benjamin Earl Nelson (1938-2015), composée et écrite en 1961 par lui-même avec Jerry Leiber (1933-2011) et Mike Stoller (1933- ..).

La Fondation Playing for Change est une organisation à but non lucratif destinée au développement d'écoles de musiques à travers le monde. En 2008, une première école de musique est créée par la Fondation à Guglethu, (Ntonga Music School), dans la banlieue de Cape Town, en Afrique du Sud. En 2010 deux écoles de musiques construites et ouvertes: L'École de Musique et de Dance Bizung, à Tamalé (Ghana), L'École de Musique de Kirina (Mali). La Fondation Playing for Change développe des programmes éducatifs au Népal à Tintale (Katmandu) et au Rwanda (Intore Cultural Center) en collaboration avec d'autres organisations.
La formation musicale " The Playing For Change Band " sera en tournée à travers le monde dès février 2012. On y retrouvera Mohammed Alidu (percussions - Nord du Ghana), Clarence Bekker (voix - Pays-Bas/Surinam), Grandpas Elliot (voix/harmonica - Nouvelle-Orléans), Mermans Kenkosenki (voix/percussions - République Démocratique du Congo), Jason Tamba (guitariste - Kinshasa, capitale de la République Démocratique du Congo) et Titi Tsira (voix - Gugulethu, township du Cap-Occidental, Afrique du Sud).

D'autres chansons sont rassemblées sur un cd/dvd produit en collaboration avec Concord Records, sorti en avril 2009 aux États-Unis. En 2010, un deuxième album sort, Playing for Change Live, qui réunit des artistes du monde entier sur scène. En 2011, un troisième album sort, "PFC 2: Songs Around The World".

Le documentaire "Playing for change : Peace trough music", (83 min) réalisé par Mark Johnson et Jonathan Walls est un voyage musical sur quatre continents qui relate la réalisation de ces chansons autour du monde, nous mène à la rencontre de musiciens de divers horizons, évoquant la réalité dans laquelle ils vivent et contemplant le pouvoir de la musique en tant que vecteur universel de paix. Le film est d'abord présenté en 2008 dans une version inachevée au Festival du Film de TriBeCa, à New York, avant d'être diffusé dans une version courte (57min), en été 2009 sur le "Public Broadcasting Service" (PBS) - réseau de télévision public à but non lucratif avec 354 stations de télévision membres aux États-Unis qui le détiennent en propriété collective. La version finale (83 min) est sortie aux États-Unis en octobre 2009 aux États-Unis en DVD en septembre 2009.


Pour vous, selon les circonstances, écrire correspond à...



. une vraie corvée qui vous pourrit la vie ? Vive le dictaphone, le téléphone sans fil et votre webcam...


. une étape obligatoire dont vous vous accommodez pour rédiger un rapport, demander une augmentation de salaire, vous plaindre d'un commerçant malhonnête ou dénoncer un voisin trop bruyant ?


. une activité archaïque, de la nostalgie au charme suranné qui vous ramène au temps de votre enfance, à l'époque des pleins et des déliés, du porte-plume, des plumes Sergent-Major et du bonnet d'âne ?


. un simple plaisir qui vous rend heureux, en maniant le verbe et la langue, afin de faire de belles phrases pour offrir de beaux voyages imaginaires à vos correspondants coincés dans la routine du quotidien ?


. une véritable drogue, vous êtes graphomane ? Pas un jour, pas une heure sans une ligne dans votre journal, sur l'écran d'un de vos ordinateurs, sur une feuille blanche, sur une page de carnet, dans la marge du journal parcouru en buvant votre café noir.


. une religion païenne ? Tous les jours, vous remerciez le ciel d'avoir permis aux sumériens des temps Anciens de vous léguer une si belle invention.

... dîtes-moi donc à quoi correspond, pour vous, le temps passé à écrire ?

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Merci Jacquie !


Jacquie Lawson e-cards

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Enfin libre ? Plus de temps libre pour pouvoir écrire, presque zen. Vive l'Euro Millions !




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