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jeudi 9 août 2012

Aris Fakinos, un écrivain grec exilé en France qui fit découvrir son pays à tout un public français de lecteurs conquis...

----------  Rencontre  ----------


« Les enfants d'Ulysse » par Aris Fakinos


L'ombre du passé lointain ! *


* Article publié le lundi 11 décembre 1989 dans le quotidien régional « Le Journal de Toulouse ».




Invité de la Librairie Ombres Blanches, Aris Fakinos était de passage à Toulouse pour présenter son dernier roman « Les enfants d'Ulysse ». Simple et cordial, il nous a raconté son chemin d'écriture et les coulisses de ce roman. 



Aris Fakinos, à l'âge de cinquante-quatre ans, est l'un des meilleurs écrivains grecs contemporains, disent les lecteurs avisés. Il écrit en grec, est traduit en français et à l'étranger. Enseignant né à Maroussi, au cœur de l'Attique, il dut en 1967 fuir, vers la France, la dictature des colonels. Dès lors, journaliste et homme de radio, il s'employa à poursuivre son œuvre littéraire, riche de onze titres. Son dernier roman raconte l'histoire d'un jeune garçon qui grandit dans une Grèce qui bouge, qui se bat, qui se déchire, qui perd ses hommes. En ponctuation, la longue attente d'Ulysse, roi d'Ithaque et de ses compagnons attendant dans le cheval de bois l'opportunité d'entrer dans Troie assiégée. L'enfant, allaité au merveilleux, fait une analogie entre les héros des combats légendaires de l'Antiquité et ceux de 1940 et de la guerre civile qui s'ensuivit. Un témoignage étrange comme un hommage avec une pudeur sans pareille. Des silhouettes bienveillantes : Antonis, vieux menuisier et Athéna, belle résistante.


Aris Fakinos : une conscience venue de l'Antiquité (photo Manuel Vimenet)

Journal de Toulouse : souvent est évoqué l'existence d'un roman dans le roman, comme une vogue. Bien souvent l'impression d'un style fabriqué mais là, aucune facilité n'apparaît. Au contraire, la certitude que vous avez dû "dégraisser" pour donner plus de force...

Aris Fakinos
: c'est un bouquin qui, non seulement m'a pris beaucoup de travail mais en plus... pour la première fois, il m'est arrivé, pour avoir une page définitive par exemple, d'avoir écrit dix ou douze fois au moins... chaque page. Et toujours avec la même hantise : dégraisser, enlever, manier le ciseau, quoi ! Ça vient tout seul... Si l'on a des choses à dire, il vaut mieux ne pas l'habiller avec des fanfreluches. Pourquoi ? Parce que je voulais que ça soit le plus sobre possible. Je pense que quand on est sobre, on est fort... sans faire un effort pour cela. En plus, je voulais éviter le piège de commenter les choses, d'une part... et de me lamenter aussi. Comme les évènements que je raconte sont des évènements très graves : la guerre, le massacre... tout ça, je ne voulais pas faire encore un livre sur la guerre, le massacre mais sortir de là ce qui est le plus important : la fin d'un monde et l'arrivée d'un nouveau qui est terrible ! C'est à dire la rencontre du monde moderne, qui a commencé pour moi en 1940, avec la guerre et la fin de l'ancien monde grec. Car la Grèce, à cette époque là, vivait pratiquement encore avec l'esprit de l'Antiquité... Nous, en Grèce, quand on a vu des Allemands débarquer pour la première fois, ce n'était pas les Allemands qui arrivaient seulement mais un autre monde... carrément ! De toute façon, même aujourd'hui, on sait très peu de choses sur la Grèce. En 1967, arrivé en France, je voulus écrire le "livre noir de la dictature anglaise" mais, en farfouillant dans les archives, je ne trouvais rien de ce qui se passait alors. À l'époque, la Grèce faisait partie de l'Alliance Atlantique et il était difficile, pour l'Occident, de parler d'une guerre civile où l'on se battait entre gens de gauche et gens de droite. Dans un pays occidental, le maître-mot de la guerre froide, c'était quoi ? Chez nous, c'est le pays de la liberté et chez eux (à l'Est), c'est le chaos. Or, dans ce camp de la liberté, c'était la pagaille ! Il y avait une guerre civile qui a coûté à la Grèce pratiquement un demi-million de morts. Hallucinant ! On ne savait pas comment justifier cela. On avait honte, aussi d'admettre que la Grèce, juste après la Libération, fut occupée par les Anglais... de dire que les mouvements de résistance se virent interdits de participation au Gouvernement. 

 
J. de T. : malgré la volonté de narrer des faits historiques, vous avez su garder une véritable fraîcheur littéraire...


A. F. : mon objectif était de montrer aux gens, à moi-même d'abord, quelles étaient les conséquences de ces évènements... et pourquoi il y a des milliers de grecs qui sont complètement paumés, qui sont exilés à gauche... à droite. J'ai voulu montrer que la Deuxième Guerre Mondiale, la guerre civile étaient notre entrée dans le monde moderne... et que nous avions vécu, bien avant, des situations que l'Occident est entrain de connaître. Pourquoi l'Occident ? Parce que, pour moi, la Grèce n'est ni l'Occident ni l'Orient, c'est la Grèce ! Sur le fil du rasoir. J'ai voulu rester littéraire car l'écrivain, au contraire de l'historien, raconte les conséquences des évènements et l'émotion. L'Histoire a toujours été faite par les Grands... pour les Grands. Voilà le travail qui était à faire : parler de celui qui a fait l'Histoire, de l'inconnu qui s'est battu, du petit Caporal. Vraiment !

J. de T. : vous aviez un père formidable, un vrai philosophe. Il a une phrase terrible parlant de la Grèce : « Avec un peu de chance, on n'aura plus affaire à des conquérants mais seulement à des protecteurs. En somme, de l'état d'esclaves, on passe à celui de putains ».

A. F. : il n'avait pas tort quand on voit ce qui se passe aujourd'hui... Mon père était fondamentalement un pessimiste. Chaque fois que nous lui disions : « Mais pourquoi ne crois-tu pas qu'après la guerre, ça sera mieux ? ». Il répondait : « Mais pourquoi ça sera mieux ? Du moment où l'Histoire, que nous avons derrière, est plus longue que celle que nous avons devant nous, très probablement ». Il avait une Histoire de trois mille ans derrière lui. Rien ne lui laissait supposer que l'Homme serait meilleur dans l'avenir. La bombe atomique, pour lui, fut le signe d'un début de la fin. Même chose quand il vit les photos de camps de concentration, en Allemagne. Tous nos ancêtres, Platon et les autres, nous montrèrent qu'il existe plusieurs chemins : le Bien et le Mal, l'Homme a choisi le chemin du Mal. Quand on voit ce qui se passe aujourd'hui... mon père avait bien vu. Il ajoutait que, quand il y aurait du progrès, l'esclavage que nous vivons changerait de forme... La Grèce fait tout le temps du tourisme. Mais c'est quoi ?  C'est comme si vous ouvriez votre maison aux voisins, aux gens qui passent en leur disant : « Viens voir ! J'ai une belle maison... ». Les gens viennent et en partant vous laissent, dans une assiette, des sous. On vend quoi, nous les Grecs ? On vend les antiquités, le soleil et la mer.

J. de T. : j'ai été ému de voir les sacrifices qu'il avait choisi de faire, pour permettre à son fils d'apprendre, d'étudier.

A. F. : il avait cet espoir. C'est pourquoi, lors d'alertes à la bombe, quand ma mère essayait de sauver, je ne sais pas moi... la bouffe, un ou deux meubles, je ne sais pas quoi... lui, prenait un drap, courait à la bibliothèque, prenait tous les bouquins qu'il pouvait... pour les mettre à l'abri. Parce qu'il disait qu'ils étaient l'expérience des autres, la sagesse des autres, et qu'il fallait conserver cette sagesse. Il me disait souvent : « A quoi sert-il de savoir lire si on n'utilise pas la sagesse qui est dans le Livre pour avancer dans l'avenir ». Ce qui m'étonne aujourd'hui, c'est que l'on redécouvre que la Terre est ronde ! On apprend aux femmes comment accoucher, c'est extraordinaire ! Comment bien manger... On a perdu le contact avec les traditions. Les vieux ne nous parlent plus car on les enferme dans les hospices. C'est comme si vous preniez un livre et le jetiez dans une cave. On refait des conneries qui ont déjà été commises alors que... d'avancer c'est faire des conneries inédites, au moins. Ne pas tomber dans le même trou ! C'est consolant. Mon père me disait : « Si tu étais un chat, je t'aurais appris comment attraper des souris, si tu étais un chien comment ronger un os. Tu n'es ni chat, ni chien... tu es un homme, je dois t'apprendre à vivre avec les hommes ». Propos recueillis par Patrick Besset.

 












« Les enfants d'Ulysse » d'Aris Fakinos, traduit du grec par Roselyne Majesté-Larrouy au Seuil - 187 pages, 85 francs.






Aris Fakinos s'est éteint des suites d'un œdème pulmonaire, le  3 mai 1998 à Montreuil (93). Il nous laisse une œuvre remarquable, majoritairement traduite du grec par sa compagne Roselyne Majesté-Larrouy et publiée chez Fayard et au Seuil.



 




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Bulletin météorologique du jour et des suivants car un écrivain averti en vaudrait deux !




Si le temps est à l'orage, emparez-vous d'un recueil de nouvelles joyeuses, vous pourrez toujours entendre les récriminations de votre compagnon ou de votre compagne qui s'époumone dans la pièce voisine sinon votre descendance qui s'étripe à l'étage.
Si la pluie mouille le jardin, lisez des bandes dessinées, des recettes de cuisine ou des magazines automobiles afin de moins vous mortifier...
Si une éclaircie pointe à l'horizon, saisissez le bouquin abandonné l'avant-veille pour vous installer confortablement devant la vitre du salon.
Si le soleil perce au travers des nuages, prenez un des titres que je vous recommande et jetez dans les cendres de la cheminée une mèche de vos cheveux pour conjurer le mauvais sort... mais de grâce, lisez, lisez encore, lisez toujours.

Il n'y a pas que le sexe ou le travail dans la vie, pas plus qu'il n'y aurait que des bons ou des méchants autour de vous...

Vous lisez ? Un peu, beaucoup...

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Playing for Change : un succès planétaire !

Playing for Change est un projet musical multimédia qui met en scène des musiciens des quatre coins du monde pour diffuser un message de paix. En mars 2005, Mark Johnson, ingénieur du son et réalisateur, filme le guitariste et chanteur Roger Ridley dans les rues de Los Angeles, interprétant Stand by me. Il décide alors d'ajouter à cette même chanson d'autres musiciens dont Grandpa Elliot à la Nouvelle-Orleans avec sa voix chaude, en superposant leur interprétation à celle de Roger Ridley.

Il part alors avec son équipe à Barcelone, où il enregistre notamment Clarence Bekker sur Stand by me avant de partir pour l'Afrique du Sud, l'Inde, le Népal, le Proche Orient afin d'enrichir Stand by me et d'autres chansons créées sur ce même concept. La vidéo officielle de Stand By Me compte aujourd'hui plus de 39 millions de visites sur Youtube et Dailymotion (actualisé en 2012).

Stand by Me (Reste près de moi) est une chanson interprétée par Ben E. King alias Benjamin Earl Nelson (1938-2015), composée et écrite en 1961 par lui-même avec Jerry Leiber (1933-2011) et Mike Stoller (1933- ..).

La Fondation Playing for Change est une organisation à but non lucratif destinée au développement d'écoles de musiques à travers le monde. En 2008, une première école de musique est créée par la Fondation à Guglethu, (Ntonga Music School), dans la banlieue de Cape Town, en Afrique du Sud. En 2010 deux écoles de musiques construites et ouvertes: L'École de Musique et de Dance Bizung, à Tamalé (Ghana), L'École de Musique de Kirina (Mali). La Fondation Playing for Change développe des programmes éducatifs au Népal à Tintale (Katmandu) et au Rwanda (Intore Cultural Center) en collaboration avec d'autres organisations.
La formation musicale " The Playing For Change Band " sera en tournée à travers le monde dès février 2012. On y retrouvera Mohammed Alidu (percussions - Nord du Ghana), Clarence Bekker (voix - Pays-Bas/Surinam), Grandpas Elliot (voix/harmonica - Nouvelle-Orléans), Mermans Kenkosenki (voix/percussions - République Démocratique du Congo), Jason Tamba (guitariste - Kinshasa, capitale de la République Démocratique du Congo) et Titi Tsira (voix - Gugulethu, township du Cap-Occidental, Afrique du Sud).

D'autres chansons sont rassemblées sur un cd/dvd produit en collaboration avec Concord Records, sorti en avril 2009 aux États-Unis. En 2010, un deuxième album sort, Playing for Change Live, qui réunit des artistes du monde entier sur scène. En 2011, un troisième album sort, "PFC 2: Songs Around The World".

Le documentaire "Playing for change : Peace trough music", (83 min) réalisé par Mark Johnson et Jonathan Walls est un voyage musical sur quatre continents qui relate la réalisation de ces chansons autour du monde, nous mène à la rencontre de musiciens de divers horizons, évoquant la réalité dans laquelle ils vivent et contemplant le pouvoir de la musique en tant que vecteur universel de paix. Le film est d'abord présenté en 2008 dans une version inachevée au Festival du Film de TriBeCa, à New York, avant d'être diffusé dans une version courte (57min), en été 2009 sur le "Public Broadcasting Service" (PBS) - réseau de télévision public à but non lucratif avec 354 stations de télévision membres aux États-Unis qui le détiennent en propriété collective. La version finale (83 min) est sortie aux États-Unis en octobre 2009 aux États-Unis en DVD en septembre 2009.


Pour vous, selon les circonstances, écrire correspond à...



. une vraie corvée qui vous pourrit la vie ? Vive le dictaphone, le téléphone sans fil et votre webcam...


. une étape obligatoire dont vous vous accommodez pour rédiger un rapport, demander une augmentation de salaire, vous plaindre d'un commerçant malhonnête ou dénoncer un voisin trop bruyant ?


. une activité archaïque, de la nostalgie au charme suranné qui vous ramène au temps de votre enfance, à l'époque des pleins et des déliés, du porte-plume, des plumes Sergent-Major et du bonnet d'âne ?


. un simple plaisir qui vous rend heureux, en maniant le verbe et la langue, afin de faire de belles phrases pour offrir de beaux voyages imaginaires à vos correspondants coincés dans la routine du quotidien ?


. une véritable drogue, vous êtes graphomane ? Pas un jour, pas une heure sans une ligne dans votre journal, sur l'écran d'un de vos ordinateurs, sur une feuille blanche, sur une page de carnet, dans la marge du journal parcouru en buvant votre café noir.


. une religion païenne ? Tous les jours, vous remerciez le ciel d'avoir permis aux sumériens des temps Anciens de vous léguer une si belle invention.

... dîtes-moi donc à quoi correspond, pour vous, le temps passé à écrire ?

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